Les toits de Paris & d’ailleurs

Ardoise, tuile, zinc…
Que serait Paris sans ses toits ?

Dans le passé, les hommes ont le plus souvent utilisé les matériaux se trouvant à proximité de leur lieu de vie pour construire leur habitat. Cela est encore visible aujourd’hui à travers la diversité des édifices qui constituent notre patrimoine et le toit en est bien souvent le témoin. La palette des matériaux utilisés dans nos régions pour réaliser les toitures est très riche : l’ardoise dans le Val-de-Loire, les bardeaux de bois en Savoie, le chaume en Normandie, les lauzes dans les régions schisteuses comme la Bourgogne et l’Auvergne, la bruyère « brande » dans le Poitou et le Limousin, les filons d’argile en Ile-de-France et dans d’autres régions pour la fabrication des tuiles plates, etc.

Avec la « Révolution Haussmannienne », Paris est une des premières villes de France à s’émanciper des schémas existants. En effet, si le bassin parisien était riche en matériaux de construction (nombreuses carrières de calcaire), il n’y avait pas à proximité suffisamment de matériaux pour couvrir les toits. Il fallait donc les faire venir ! Ce changement d’habitude a également été accentué par les bourgeois parisiens qui, découvrant les matériaux utilisés pour la construction des châteaux en d'Ile-de-France, voulaient employer pour leurs immeubles, leurs hôtels particuliers, des matériaux nobles telle que l'ardoise d’Anjou par exemple.

L’apparition du zinc répond quant à elle à d’autres préoccupations. Elle est le fruit d’un choix politique répondant au courant de pensée hygiéniste de l’époque. C’est l’avènement de l’urbanisme haussmannien et des immeubles éponymes qui facilitent la conquête du zinc : contrairement aux charpentes construites pour les couvertures en tuile plate ou en ardoise, les charpentes qui accueillent le zinc sont structurellement plus simples, plus légères et donc moins onéreuses.
Cet atout économique cumulé à ses propriétés physiques et à sa grande malléabilité ont fait du zinc un matériau de référence incontournable en matière de couverture à Paris.

Couverture en ardoise

En fonction de l’origine de son gisement, l’ardoise prend des colorations très variées, du blanc au noir en passant par toutes les nuances de gris, des rouges sombres, des verts… Le Pays de Loire, la Bretagne, les Ardennes, la Corrèze, les Alpes et les Pyrénées constituent les principales régions de productrices françaises.
L'ardoise est une roche schisteuse, non poreuse, incombustible, insensible au gel et aux agressions des agents atmosphériques. Elle ne demande pratiquement pas d'entretien, pas de démoussage, etc. Avec les ardoises de bonnes qualités, il faudra changer les voliges, voire la charpente, avant l'ardoise !
Ce matériau naturel est utilisé le plus souvent pour des couvertures dont la pente est comprise entre 15° et la verticale. L’étanchéité de la couverture est obtenue par le recouvrement des ardoises : celui-ci doit être suffisant pour éviter les remontées d’eau par capillarité ou sous l’effet du vent. La valeur du recouvrement dépend du type de pose, de la pente du toit, de la longueur d’écoulement de l’eau et de l’exposition au vent. En fonction de ces paramètres, elle est comprise entre 60 et 150 mm environ. Le « pureau », longueur visible de chaque ardoise, doit être constant le long des rangs d’un pan de toiture.
Ce type de couverture peut être très complexe et, pour une réalisation dans les règles de l’art, vous devez faire appel un couvreur ardoisier chevronné.

Couverture en tuiles plates

Bien que peu présentes sur les toitures parisiennes, on trouve encore les tuiles plates sur les bâtiments antérieurs au XIXe siècle, avec des toits aux pentes fortes (jusqu’à 45°). Comme pour les ardoises, l'étanchéité de la toiture est obtenue par le recouvrement d'une tuile sur l'autre.

Toiture en tuiles à emboitement

Ce sont les tuiles usuelles des constructions récentes, elles comportent des cannelures latérales et longitudinales qui permettent l’assemblage solidaire des tuiles entre elles ; il existe des tuiles à simple ou double emboîtement (voire parfois à triple emboîtement). Pour choisir entre ces différents modèles, là aussi faites confiance à un homme de métier qui sera vous conseiller.

Toiture métallique et couverture en zinc

Les toitures métalliques de Paris regroupent toutes les couvertures réalisées à partir du cuivre, du zinc et du plomb. Un peu plus cher à la pose qu'une couverture traditionnelle, les toitures en métal nécessitent très peu entretien et ont une extraordinaire longévité. Les différences de qualité se mesurent en fonction des épaisseurs de feuilles.

Avec le temps, le cuivre se patine et s'oxyde en vert. Le zinc lui prend une couleur cendrée platine, très tendance, et il est aujourd'hui très prisé des architectes. Ce type de couverture fait appel au savoir-faire des compagnons couvreurs. D’une part ils participent à la mise en place de tous les éléments nécessaires à la descente des eaux pluviales et, d'une manière générale, à tout ce qui touche à l'étanchéité des toitures, en mettant en œuvre les raccordements adéquats entre les matériaux de couverture et les différents « accidents de toitures ». Et d’autre part, ils recouvrent les toits en façonnant aux dimensions et aux formes les tôles (zinc, cuivre, plomb, etc.) qui seront ensuite agrafées ou soudées.
Un professionnel ayant une véritable expérience et des références dans ce domaine est pour vous la garantie d’être satisfait.